Conseils aux patients
Santé préventive : comment passer des intentions aux actes concrets
Nice-Matin, à travers son Club Santé réuni au Théâtre du Grand Château de Valrose, a tenté d'en faire le bilan honnête.

« Prévenir plutôt que guérir. » L'injonction est partout: discours politiques, campagnes de l'Assurance maladie, manchettes de magazines bien-être. Nice-Matin, à travers son Club Santé réuni au Théâtre du Grand Château de Valrose, a tenté d'en faire le bilan honnête. Autour de la table, infectiologues, gastro-entérologues, caisses d'assurance maladie et acteurs de santé mentale ont croisé leurs données. Le concept d'exposome — cette somme des expositions environnementales, alimentaires et comportementales d'une vie — s'est imposé comme nouvelle grille de lecture. Pour le patient qui consulte en médecine fonctionnelle, l'enjeu n'est plus de savoir si la prévention compte, mais de distinguer ce qui est déjà actionnable de ce qui reste à l'état de vœu.
L'exposome descend en consultation
Lancé à l'initiative du Dr Véronique Mondain, infectiologue au CHU de Nice, le dispositif « Mon Exposome » propose de cartographier les expositions d'un individu tout au long de sa vie. « Alimentation, qualité de l'air, cosmétiques, sommeil ou expositions professionnelles: l'objectif est de mieux comprendre l'influence de ces facteurs afin de pouvoir agir. » Utile pour ouvrir la conversation, l'outil reste déclaratif. Il prend tout son sens quand il oriente vers un bilan biologique ciblé — inflammation de bas grade, bilan lipidique avancé, statut en micronutriments — seul capable de transformer l'intuition en mesure. La valeur du questionnaire ne tient pas à son exhaustivité, mais au déclenchement de la démarche.
Alimentation et inflammation: le chiffre qui mérite qu'on s'y arrête
C'est probablement le passage le plus concret pour les patients concernés par l'inflammation chronique, l'équilibre du poids ou la glycémie. Le gastro-entérologue Philippe Aygalenq, de la Clinique du Palais à Grasse, a cité une étude menée auprès de jeunes à risque: en moins de huit semaines, les marqueurs de l'inflammation évoluent selon la qualité de leur alimentation. Le détail change tout — il ne s'agit pas d'un effet lointain, mais d'une fenêtre de mesure courte. Pour qui cherche à objectiver l'impact de l'assiette, un bilan inflammatoire avant et après une période test de deux mois apporte une réponse tangible. À garder en tête, sans confondre modulation alimentaire et traitement d'une pathologie installée.
Ce qui existe déjà, et qu'il suffit de demander
Rappel utile de Gwénaëlle Tasset, directrice adjointe de la CPAM des Alpes-Maritimes: les bilans de prévention sont déployés à quatre âges clés de la vie (18-25, 45-50, 60-65, 70-75 ans). Pour les patients suivis en parallèle en médecine fonctionnelle, ces bilans ne remplacent pas les analyses de précision, mais ils offrent une porte d'entrée remboursée et un point de référence dans le dossier médical. Dans le champ psychique, le repérage précoce des troubles chez les 18-25 ans, défendu par Virginie Mouraret au CH Sainte-Marie, rejoint la même logique: « L'hospitalisation doit rester le dernier rempart. » Le verdict du Club Santé tient en une ligne: la prévention se joue dans la régularité des gestes, pas dans la sophistication des discours.